Marie, auxiliaire de vie à Caudéran – Le Bouscat

C’est ça la qualité de soins, c’est merveilleux, ça n’a pas de prix.

« Je suis marquée au fer rouge », ce sont les mots de Marie, 57 ans, suite à ses près de 35 ans de carrière en
tant qu’aide-soignante en institution. Avec l’obligation de rendement, le manque de temps, d’hygiène,
de moyens.

Aujourd’hui auxiliaire de vie d’un particulier employeur et travaillant avec Petits-fils, elle raconte comment
elle a reconnecté au plaisir de son métier et comment elle veille à maintenir coûte que coûte l’autonomie des
personnes âgées qu’elle accompagne.

« J’ai commencé avec Petits-fils auprès d’un merveilleux couple. Je suis croyante et je me dis que c’est le
bon Dieu qui m’a amenée là. Ils sont dans la perpétuelle bienveillance et bientraitance à mon égard, je n’y
suis pas du tout habituée. On me dit « bonjour, comment ça va », on me propose à boire… Quand je suis
arrivée, j’ai demandé à ma supérieure ce que je devais faire pendant qu’eux étaient en train de lire
l’après-midi. Elle m’a dit de rester là, de lire, de discuter avec eux, d’être présente. Je n’en revenais
pas. J’ai dit à mon mari : « je suis dans un monde de Bisounours, pince-moi, il va m’arriver une tuile ! »
J’avais du mal à croire qu’une telle qualité de prestation existait encore quelque part.

C’est comme cela que ça devrait être partout, c’est comme cela que c’était au début de ma carrière.

Avec ce couple j’ai le temps de tout faire pour qu’ils gardent leur autonomie et leur éveil en leur laissant
faire tout ce qu’ils peuvent faire d’eux-mêmes. Par exemple, quand je ramasse le linge, madame m’aide à le
plier et à le trier. Monsieur est plus à la cuisine, on pèle les pommes de terre ensemble, il prépare
l’entrée, il est aussi le roi des frites alors je le laisse les faire à la poêle. Je sais que monsieur
aime bien les chouquettes, si j’en vois quand je vais faire des courses, je les prends. Madame aime bien
passer le chiffon, elle peut le faire car c’est à sa hauteur. Le maintien de leur éveil psychologique passe
aussi par la discussion sur plein de sujets.

Chacun prend soin de l’autre. En tant que soignante, j’avais perdu tout ça depuis très longtemps. Avec le
rythme imposé dans beaucoup de structures, on devient maltraitant malgré soi.

Avoir un accompagnement de qualité, ça passe par être présent le temps nécessaire avec la personne, répondre
à ses besoins. Quand on est pressé on ne se rend même plus compte des besoins de la personne, on la rend
dépendante de tout, on n’a pas le temps de lui poser des questions pourtant cruciales : « bonjour, comment
allez-vous ? Avez-vous bien dormi ? Qu’est-ce que vous avez regardé hier à la télé ? » J’avais du mal à croire
qu’une telle qualité de prestation existait encore.

En 5 mois dans cette maison, il y a un travail faramineux qui a été fait. Ce couple s’est ouvert, ils discutent,
ce qui n’était pas du tout le cas au début, mais maintenant la relation de confiance s’est instaurée,
maintenant on parle de tout, on se connait bien, c’est ça la bientraitance. On est vraiment en famille. »